 Pour 2009, Pôle Emploi a recensé 1 506 intentions d’embauche d’agents de sécurité et de gardiennage sur la zone Roissy-Charles de Gaulle. Le site de la Défense en affiche 1 560… Et exploit par les temps qui courent : selon l’enquête « Besoin en main-d’œuvre » de Pôle Emploi, les agents de sécurité figurent parmi les trois métiers qui enregistrent une hausse dans les prévisions de recrutement par rapport à 2008. « La sécurité privée constitue un véritable vivier d’emplois, assure Claude Tarlet, Président de l’USP (Union des entreprises de sécurité privée). Elle devrait créer 100 000 nouveaux postes d’ici 2015, soit près de 15 000 par an. » De fait, impossible d’y échapper : les agents de sécurité sont partout. A l’entrée des magasins, des banques, des bâtiments administratifs, dans les entreprises, les aéroports, les parkings, les musées, lors des salons, des manifestations sportives, des soirées VIP… Et quand on sait que le président Sarkozy veut promouvoir les sociétés de sécurité privées, en réponse à la réduction des effectifs de la police et au recentrage de ses missions, on peut se montrer optimiste pour l’avenir. Pourtant, que de difficultés à recruter ! La faute à une image déplorable : horaires pénibles, monotonie, salaires peu élevés… Et surtout le cliché du gros bras sans qualification qui colle encore à l’uniforme de l’agent de sécurité. Or, impossible désormais d’entrer dans le métier sans montrer patte blanche : la carte professionnelle et une aptitude reconnue. Une aptitude reconnue ? Cela signifie être titulaire du CAP Agent de prévention et de sécurité ou de la mention complémentaire Sûreté des espaces ouverts au public ; d’un titre délivré par un centre de formation et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (AFPA, Formaplus 3B, NCO…) ; ou du CQP APS (Certificat de qualification professionnelle d’agent de prévention et de sécurité). Ce dernier s’obtient à l’issue d’une formation dans un organisme agréé (70 heures minimum pour un salarié avec une expérience et jusqu’à 140 heures pour un nouvel entrant), sanctionnée par un examen. « Cette formation exigée avant la prise de poste crédibilise auprès des clients, mais aussi auprès des jeunes intéressés par ce métier », observe-t-on chez Securitas, le leader mondial de la surveillance, qui emploie près de 20 000 personnes en France et recherche avant tout des agents dotés d’un bon relationnel. Quant aux perspectives d’évolution de carrière, elles s’avèrent forcément limitées dans une filière qui ne compte que 5 % d’agents de maîtrise et cadres. Mais elles existent. Avec de l’expérience, un agent de sécurité peut devenir chef de poste, chef d’équipe, voire assistant d’exploitation en agence. En effectuant une formation complémentaire, il peut œuvrer comme opérateur de télésécurité, ou agent de sécurité incendie, grâce à la qualification SSIAP (Service de sécurité incendie et assistance à la personne), très appréciée des employeurs. Et, pourquoi pas, s’occuper de la formation des jeunes recrues ? M. Dampeyrou
Questions à... Michel Ferrero, président du SNES «Un métier qui offre des perspectives de carrière»
Le Syndicat national des entreprises de sécurité (SNES) représente 75 % des sociétés du secteur affiliées à une organisation patronale et 40 000 salariés. Michel Ferrero, son Président, nous éclaire sur cette filière qui entend valoriser son image.
Comment le secteur de la sécurité traverse-t-il la crise ? Quelles sont les perspectives de recrutement ? La crise touche nos clients et le secteur, qui est structurellement encore fragile, devrait souffrir. Mais pour autant, la demande de sécurité venue de tous les horizons sectoriels ne se réduit pas. Bien au contraire ! Les perspectives de recrutements demeurent donc largement favorables. Et le transfert au privé par la sécurité publique de missions de surveillance et prévention n’ayant plus vocation à rester étatisées, va renforcer cette tendance positive. Des données officielles pronostiquent que la surveillance humaine va passer de 159 000 à 300 000 salariés d’ici une décennie. Soit plus que la Police et la Gendarmerie réunies !
Est-ce-que la mise en place difficile de la carte professionnelle peut entraver la création d'emploi ? On se réjouit de la mise en place de cette carte obligatoire, que nous appelions de nos vœux depuis des années ! C’est une garantie de sérieux, de déontologie et de professionnalisme, pour les salariés comme les clients. Quant à sa mise en œuvre chaotique et précipitée par les pouvoirs publics... nous sommes coutumiers du fait et regrettons de ne pas avoir été assez écoutés. Mais les choses avancent à grands pas.
Comment luttez-vous contre le déficit d'attractivité dont souffre le métier d'agent de sécurité ? Le secteur a fait de gros efforts ces dernières années en terme de professionnalisation et de formation, notamment avec l’instauration de 17 qualifications dites « métiers repères ». Certes, le métier a des contraintes : il s’exerce 24h/24, 7 jours sur 7... Mais il offre de réelles opportunités de carrière aux plus ambitieux. Il est possible d’accéder aux fonctions d’encadrement moyen assez rapidement, parce que le secteur manque de ce type de responsabilités essentielles pour gérer les équipes.
Quels conseils donneriez-vous aux candidats tentés par ce métier ? Pour ne pas rester dans des tâches répétitives, mais qui peuvent avoir une valeur stratégique, je conseille de ne pas se contenter du CQP APS, la formation minimale. Il faut engager une formation complémentaire, par exemple, du type SSIAP. Encore faut-il choisir une entreprise sérieuse, avec une politique de formation dynamique. Mais les besoins sont tels, notamment en Ile-de-France, que je crois qu’on peut se montrer difficile. Et contrairement aux idées reçues, même si le salaire d’entrée dépasse de peu le smic, des rémunérations débutent à 1 660 euros net pour monter à 2 000 euros. On voit des parcours qui, en 2 ans, mènent à la fonction de chef d’agence !
Quel salaire ? Le salaire moyen d’un agent de sécurité varie entre 1 300 et 1 500 euros bruts mensuels. Un responsable d’équipe est rémunéré environ 1 700 euros par mois. Source : SNES
La carte professionnelle : passeport de l’agent de sécurité Depuis mars 2009, tout agent de sécurité doit détenir la carte professionnelle pour exercer légalement. Elle est délivrée par la préfecture, sur une demande effectuée par l’agent. Deux conditions impératives pour décrocher ce sésame : avoir un casier judiciaire vierge et justifier d’une aptitude professionnelle. Après vérification, la préfecture attribue un numéro d’immatriculation, valable 5 ans sur tout le territoire. L’employeur fournit ensuite une carte propre à l’entreprise, mentionnant ce numéro. Attention : un agent de sécurité pas encore qualifié doit demander une carte provisoire, dont la validité est de 3 mois, afin de pouvoir suivre une formation.
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