 Les sociétés d’aide aux devoirs se multiplient et recrutent régulièrement. A titre d’exemple, les responsables des ressources humaines de Complétude, acteur incontournable du marché, reçoivent chaque année 15 000 candidats en entretien de sélection pour des emplois de professeur, et un peu plus de la moitié est sélectionnée. Quant à la société Acadomia, elle embauche tous les ans 10 000 nouveaux collaborateurs.
Les maths et la polyvalence à l’honneur Certaines matières ont plus de succès que d’autres. Ainsi, « les incollables des mathématiques sont de loin les professeurs les plus recherchés, suivis par les spécialistes de la physique, du français et enfin de l’anglais », estime Hervé Lecat, président-fondateur de Complétude. Les aides polyvalentes font aussi partie des demandes importantes, jusqu’à la fin de la classe de cinquième, car ensuite le niveau des programmes exige une parfaite maîtrise du sujet. Le but de ce soutien scolaire général est non seulement d’accompagner l’élève dans son apprentissage de concepts et dans la résolution de problèmes, mais aussi de lui offrir des méthodes de travail qui l’aideront à gagner en autonomie et à s’organiser seul par la suite. «Nous privilégions trois qualités : la capacité à réexpliquer clairement une partie du programme, l’aptitude à transmettre une bonne méthodologie, et l’enthousiasme qui amènera l’élève à se réconcilier avec une matière qu’il n’aime pas.» Les autres opportunités Les postes de professeurs ne sont pas les seuls disponibles dans ce type d’organismes. « Nous employons également des conseillers pédagogiques, des titulaires d’un bac +3 ou d’un bac +2 avec un minimum d’expérience professionnelle qui puissent justifier de leur légitimité face aux familles et aux intervenants. » Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les sociétés d’aide aux devoirs sont des entreprises comme les autres. Elles ont donc aussi besoin, de façon certes plus occasionnelle, de personnel en marketing, comptabilité, administratif ou en informatique par exemple. Une autre particularité est à garder à l’esprit : les recrutements dans ce type de sociétés sont assujettis à un phénomène de saisonnalité. Si, en Ile-de-France, la demande est quasi-permanente, dans les régions moins dynamiques, les mois d’été sont relativement calmes et les recrutements reprennent en septembre, au moment de la rentrée, les parents souhaitant voir leurs enfants commencer leur année sur le bon pied. L’avantage du secteur, c’est qu’il offre de belles opportunités aux étudiants : les horaires des cours peuvent être aménagés de façon à correspondre à leur emploi du temps, et il s’agit d’une première expérience professionnelle particulièrement valorisante sur un CV, quelle que soit la voie qu’ils choisissent de suivre ensuite. Séverine Dégallaix
« Notre processus de recrutement est divisé en trois étapes », Thibault Brémaud, directeur de l’agence Méthodia à Paris Méthodia est une société de cours particuliers qui accepte les élèves du primaire à l’âge adulte. Thibault Brémaud, directeur de l’agence parisienne, s’occupe à la fois du recrutement et de la formation des intervenants.
Quel est le profil de vos enseignants ? Sur les 150 formateurs en activité en Ile de France, nous avons une majorité d’étudiants. Tous nos intervenants ont un bac +3 validé, qu’il s’agisse d’une licence en université, d’un cursus en école d’ingénieur ou de commerce… Beaucoup suivent une filière littéraire, ce sont de futurs professeurs qui acquièrent ainsi de l’expérience.
Pouvez-vous décrire votre processus de recrutement ? Il est divisé en trois étapes. La première concerne les compétences techniques : nous faisons passer aux candidats un test en ligne, ce qui nous permet d’effectuer un premier tri. Nous avons une base de questions en fonction de la matière et du programme scolaire. Si les résultats sont concluants, nous passons à la mise en situation. Nous plaçons face à face deux candidats. L’un interprète l’élève, l’autre le formateur. L’objectif est de tester la pédagogie. Enfin, nous formons le professeur à nos méthodes de travail. Le processus est assez poussé : un postulant sur douze fini par être sélectionné.
Ce secteur offre-t-il des opportunités d’évolution professionnelle ? Bien sûr, je peux me baser sur mon propre exemple. J’ai donné des cours pendant quatre ans à titre individuel avant de devenir formateur chez Méthodia puis d’être promu responsable pédagogique, et je suis aujourd’hui directeur de l’agence parisienne. C’est un parcours envisageable pour qui souhaite rester dans le secteur.
« Le turn-over est l’un des problèmes du secteur », Stéphane Cohen, directeur d’Anacours Directeur d’Anacours, présente dans une cinquantaine de villes françaises, il insiste sur les efforts de communication développés par la société de soutien scolaire à domicile pour fidéliser les enseignants et promouvoir l’utilisation légale de ses services.
Quels types d’emplois proposez-vous ? Notre plus gros volume de recrutement concerne les professeurs : nous en intégrons environ 4 000 par an. Mais ce ne sont pas les seuls profils que nous recherchons. Au cours de ces deux dernières années, nous avons accueilli de nouveaux conseillers pédagogiques, des chargés de gestion, ainsi que des responsables d’agence. Ces opportunités seront plus réduites en 2009. En revanche, nous devons ouvrir plusieurs agences commerciales sur le territoire hexagonal d’ici fin 2010, nous allons donc ouvrir notre réseau à la franchise.
Comment sélectionnerez-vous les franchisés ? Ils devront avoir un profil d’entrepreneur et être de bons communicants. La pédagogie n’est pas un pré-requis puisque ce ne sont pas eux qui donneront les cours, toutefois ils doivent présenter une certaine sensibilité vis-à-vis de l’éducation et du système scolaire. Nous les formerons à nos méthodes de recrutement afin qu’ils puissent s’entourer d’une solide équipe pédagogique.
Face à l’importance du travail au noir dans ce secteur, quelle est votre réaction ? Nous faisons des efforts de communication, via des annonces radio, des panneaux d’affichage, Internet, et le marketing direct auprès des parents d’élèves. Nous essayons de fidéliser nos enseignants avec un système de récompenses aux résultats et de parrainage. Le turn-over est aussi l’un des problèmes du secteur, mais nous sommes parvenus à l’apprivoiser en identifiant les professeurs qui ont le potentiel d’intervenir sur la longueur, à nous ensuite de leur donner suffisamment d’heures de cours pour qu’ils décident effectivement de rester d’une année sur l’autre.
Salaires Chez Méthodia, Acadomia, Complétude et Anacours, la rémunération des professeurs varie entre 16 et 20 euros net de l’heure, selon le niveau du cours et la situation géographique de l’enseignant. |