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Comment financer sa formation ?

Plusieurs organismes aident financièrement les candidats à la formation pour leur permettre de se mettre à jour ou d’acquérir de nouvelles compétences.

Stage de management, mise à niveau en informatique, respect des normes environnementales… Ce n’est pas parce qu’on a quitté les bancs de l’école que l’on n’a plus rien à apprendre. Il existe deux grandes catégories d’actifs qui peuvent accéder à la formation professionnelle : les salariés et les chercheurs d’emploi.
Pour les premiers, le dispositif de financement est relativement simple : « les frais sont pris en charge par l’entreprise ou par l’OPCA, l’Organisme paritaire collecteur agréé. Ils peuvent aussi être partagés entre les deux », explique Paul de Vaublanc, chargé d’études à la direction juridique-observatoire du Centre Inffo, une association à vocation informative sur la formation professionnelle. Le partage des frais dépend de la politique de l’OPCA, qui doit définir ses priorités.
Pour les demandeurs d’emploi, la situation se complique légèrement, quoi que les démarches aient été simplifiées par la fusion de l’ANPE et des Assedic, qui forment Pôle Emploi depuis janvier. Ce nouvel organisme peut financer certaines dépenses (transport, restauration, hébergement, inscription…).
En revanche, « il n’y a aucun principe de gratuité de stage : Pôle Emploi ne finance pas systématiquement la formation d’un demandeur d’emploi, une partie des frais lui revient. »

Les cas particuliers
Les entrepreneurs ont leur propre OPCA : l’Association de gestion du financement de la formation des chefs d’entreprise (AGEFICE), de même que les professions libérales, qui cotisent à l’OPCAPL.
« En ce qui concerne les publics en difficulté, qui sont les plus fortement menacés d’exclusion, des mesures spécifiques sont mises en place », note Paul de Vaublanc. Par exemple, depuis trois ans, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés peut agréer des places de stages et rémunérer ceux qui les occupent.
Les illettrés, quant à eux, bénéficient des aides de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances. Les détenus dépendent du ministère de la Justice…
Enfin, la formation étant gérée par les conseils régionaux, la situation n’est pas la même selon le lieu de résidence. Certaines collectivités proposent des stages aux jeunes actifs souhaitant compléter leur formation initiale quand d’autres mettent l’accent sur les publics seniors.

Où se renseigner ?
Les salariés ne rencontrent généralement pas de problème pour se renseigner sur les offres de formation auxquelles ils pourraient accéder : il leur suffit de s’adresser à leur OPCA. Les demandeurs d’emploi sont informés par Pôle Emploi.
Pour les autres, un Centre d’animation et de ressources d’information sur la formation (CARIF) est implanté dans chaque région.
En relation à la fois avec les partenaires sociaux et les prestataires, il permet de comparer les prix. Par ailleurs, les Chambres de commerce et d’industrie et les Conseils Régionaux disposent eux aussi de documentation.

Séverine Dégallaix

Pour plus de renseignements : www.centre-inffo.fr 



« Il n’existe pas de système universel »

Bernard Legendre, directeur général adjoint de l’ACFCI
Bernard Legendre, directeur général adjoint de l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI), admet qu’il peut être difficile de s’y retrouver lorsqu’on veut faire financer sa formation.

Quelles sont les limites du système de financement de la formation tel qu’il existe à l’heure actuelle ?
Tout d’abord, il n’existe pas de système universel, chaque cas est différent. Le financement dépend du statut du candidat à la formation. Un chômeur ne dépend donc pas du même organisme qu’un salarié ou un chef d’entreprise, et la fonction publique est encore un cas à part. Il peut être difficile de s’y retrouver. Ensuite, et c’est tout le paradoxe du mode de fonctionnement actuel, plus on est éloigné du marché de l’emploi, plus il est difficile d’accéder à la formation. Ce qui n’aide pas à réintégrer le monde du travail ! On constate également certaines inégalités selon la taille de l’entreprise : dans les TPE, il est plus difficile de répartir les tâches en l’absence d’un collaborateur que dans les grands groupes, elles sont donc plus frileuses à l’idée de laisser partir un salarié pour quelques jours ou quelques semaines.
Enfin, il existe un frein au niveau psychologique. Par exemple, les profils peu qualifiés se fragilisent souvent eux-mêmes en manifestant peu de goût pour la formation. Elle est vue comme une mise à l’écart : ils imaginent, à tort ou à raison, que si leur patron veut leur faire compléter leurs connaissances, c’est qu’ils ne sont pas assez efficaces. En outre, les employeurs craignent encore, parfois, qu’un salarié qui suit une formation demande ensuite une augmentation, puisqu’il aura amélioré ses compétences.

Certaines formations sont-elles plus demandées que les autres ?
Quelques domaines sont très en vogue, comme le commerce, la gestion, la vente, la finance, les technologies de l’information et de la communication et la bureautique pour les fonctions de secrétariat, les langues… En fait, nous avons beaucoup de demandes dans le tertiaire, tout simplement parce que ces compétences sont transversales à tous les secteurs.



Quel OPCA ?

Il existe plusieurs Organismes paritaires collecteurs agréés, correspondant généralement à une branche professionnelle.
Le Fafih gère les fonds de formation dans l’hôtellerie-restauration. Les Industries et la Métallurgie comptent sur l’OPCAIM. Une Association nationale pour la formation automobile a été créée en 1952 par les Chambres syndicales et fédérations du commerce et de la réparation de l’automobile, du cycle et du motocycle. Le secteur de l’informatique a lui aussi son Fonds d’assurance formation ingénierie et conseil.
Les professionnels du spectacle, de l’audiovisuel, des loisirs et de la publicité, quant à eux, ont recours à l’AFDAS. Il existe également, entre autres, une Association pour la gestion du fonds d’assurance formation des salariés du secteur agroalimentaire ou encore un OPCA pour la communication graphique et multimédia.
Enfin, deux organismes sont considérés comme interprofessionnels. Comme son nom l’indique, l’AGEFOS PME collecte des fonds pour les petites et moyennes entreprises, mais elle agit également au sein de plusieurs domaines très spécifiques (caoutchouc, sport, thermalisme, ports de plaisance…).
De son côté, l’OPCALIA, très implanté régionalement, lutte pour la diversité (gestion des âges, illettrisme, handicap, égalité entre hommes et femmes…).



Chiffres-clés

D’après la DARES, en 2006, 13 800 organismes de formation étaient en activité. Ils se sont partagé un chiffre d’affaires de presque six milliards d’euros et ont accueilli plus de dix millions de stagiaires.

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