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Des candidatures en berne dans le secteur du BTP


La construction emploie en France près d’un salarié du privé sur dix.
Le secteur du BTP est sans conteste un très bon employeur.
Une pépinière d’emplois à lui seul.
Paradoxalement, les candidats manquent à l’appel…


Le BTP, un secteur qui recrute…
Depuis 15 ans, le BTP est un des plus dynamiques en termes de création d’emplois. En attestent les chiffres communiqués par l’URSSAF qui démontrent qu’entre 2002 et 2007, le secteur aurait généré 200 000 emplois supplémentaires, principalement dans le domaine des travaux de la charpente (35%), de la plâtrerie (31%), de la construction des maisons individuelles (29 %), des installations des équipements thermiques et de la climatisation (21%), de la construction de bâtiments divers (19%), des travaux de maçonnerie générale (19%) et de la menuiserie en bois ou en matières plastiques (17%). Des données qui viennent donc raviver le moral des ménages dans un contexte actuel de hausse du chômage.
Malgré cela, ce secteur est en mal de candidats, particulièrement dans les entreprises de taille modeste. Ces dernières années, on assiste à une inadéquation entre l’offre et la demande de l’emploi sur le secteur du bâtiment. Il semblerait que la profession pâtisse d’un déficit d’image auprès de la nouvelle génération.
Ainsi, les recruteurs chassent avec peine des cadres à haut potentiel, les jeunes ingénieurs préférant pour la plupart se tourner au départ vers l’industrie, pensant trouver des rémunérations plus juteuses. De même, le secteur du BTP manque cruellement de main-d’œuvre qualifiée. Les ouvriers du béton, les charpentiers, les couvreurs, les plâtriers, les carreleurs, les menuisiers et les conducteurs de travaux se font beaucoup plus rares sur le marché de l’emploi…
Seuls les grands groupes parviennent encore à tirer leurs épingles du jeu. Mais non sans mal.

... Mais qui manque de bras
Ainsi, d’après l’étude « Besoin de Main-d’œuvre » réalisée en novembre 2007 par l’Unedic et le Credoc, les maçons figurent en tête de liste des demandes des recruteurs.
C’est d’ailleurs la profession la plus délicate à pourvoir (84,1%), juste devant les plâtriers, charpentiers et autres ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment (83%), les plombiers-chauffagistes, les ouvriers du second œuvre du bâtiment, les techniciens du BTP et enfin les cadres du BTP (71,6%). Ces constats sont préoccupants, le secteur devant, à l’inverse, embaucher massivement d’ici à 2015 pour remplacer les retraités de la génération du Baby Boom. Les recruteurs risquent donc dans l’avenir d’être confrontés à une véritable pénurie de main-d’œuvre si cette tendance venait à se confirmer, voire à s’intensifier dans les années à venir.
Selon l’étude du Commissariat général du Plan et de la Dares, 529 000 postes seraient à pourvoir d’ici 2015, dont 134 000 emplois dans le secteur du gros œuvre du bâtiment, 118 000 dans le bâtiment du second œuvre, 90 000 chez les cadres du BTP, 63 000 chez les techniciens du BTP, 50 000 dans le gros œuvre et second œuvre du bâtiment, 48 000 dans les travaux publics et le béton et 26 000 chez les conducteurs d’engins de BTP.
Alors, pour dynamiser l’activité et anticiper cette pénurie, le Fédération Française du Bâtiment (FFB) veille à sensibiliser la gente féminine au potentiel de tels métiers.
Pour ce faire, elle multiplie les actions de communication, faisant état de l’évolution des mentalités et des progrès techniques enregistrés. Le machisme du bâtiment tendrait donc à disparaître. Les résultats commencent déjà à se faire sentir, les femmes représentant aujourd’hui près des 11% des effectifs dans les entreprises de 1 à 9 salariés, 9 % dans les structures de plus de 20 salariés.
En 2007, 15 000 femmes ont ainsi été recensées sur les chantiers et les ateliers. D’ici à 2009, la FFB ambitionne même de doubler ce chiffre.

Fanny Perrin d’Arloz



« Aujourd’hui, on ne peut plus dire que les salaires du BTP sont bas »

Constats de Monsieur Meiffren Philippe, Directeur de la Fédération Française du Bâtiment Bouches-du-Rhône.


Comment se porte le marché de l’emploi dans le BTP ?
L’emploi se porte bien, indépendamment de la morosité ambiante de la crise financière. La profession continue à recruter, le solde sera positif sur 2008. Dans le département des Bouches-du-Rhône, la création d’emplois est régulière. Au premier semestre 2008, nous avons embauché 637 salariés supplémentaires. En revanche, le nombre d’emplois intérimaires s’effrite un peu. On est dans une dynamique tout de même moins porteuse.

Quels les sont les métiers en tension ?
Les entreprises connaissent des difficultés pour recruter dans les métiers du gros œuvre et du béton armé, particulièrement des maçons, des électriciens, des charpentiers, des étancheurs… Mais aussi dans des métiers à forte valeur ajoutée.

Quelles en sont les causes ?
Les flux de candidats disponibles dans ces filières sont trop restreints. Et beaucoup sont embauchés par les grands groupes. Le turn-over est, en sus, relativement élevé, particulièrement dans le métier de couvreur brancheur, conséquence de la pénibilité du travail en extérieur.

Et dans l’avenir ?
Nous devons rajeunir la profession pour faire face aux départs en retraite massifs entre 2012 et 2020 et essayons de sensibiliser les jeunes à l’attractivité de tels métiers. Aujourd’hui, on ne peut plus dire que les salaires pratiqués sont bas. Entre 2005 et 2006, nous avons refondu la convention collective et les rémunérations ont augmenté de près de 30%. Le BTP séduit aujourd’hui les femmes. Les entrepreneurs s’en réjouissent. De plus, dans ce secteur, l’ascension sociale fonctionne à plein régime. Il est courant de débuter en apprentissage et de parvenir à des postes d’encadrement.



SOS : recherche maçons qualifiés !

Aujourd’hui, les entreprises peinent à trouver des maçons qualifiés sur le marché du travail. Ces profils sont vivement recherchés aussi bien dans les grands groupes que dans les structures de type artisanal.
Et pourtant, c’est une profession variée qui procure à qui l’exerce la fierté de contribuer à l’élaboration des fondations d’un habitat, d’une entreprise...
Ce métier est, de surcroît, très évolutif grâce à l’apparition de nouveaux matériaux et composants et à l’élargissement de ses activités. Il n’est plus rare aujourd’hui qu’un maçon participe à des ravalements, à des isolations extérieures…
De plus, les évolutions peuvent être très rapides. Après quelques années d’expérience, le salarié peut gravir les échelons et accéder au poste de chef d’équipe, de chef de chantier, de conducteur de travaux voire créer sa propre entreprise. En effet, plus de la moitié des chefs d’entreprise du bâtiment sont d’anciens salariés.
Pour devenir maçon, plusieurs formations au choix, notamment les BEP Techniques du gros œuvre du bâtiment, les CAP Maçon ou Constructeur en béton armé du bâtiment. Il est possible de la compléter par un Brevet professionnel Construction en maçonnerie et béton armé ou par un Bac pro Construction bâtiment gros œuvre ou par un BTS Bâtiment.



Quels salaires ?

Maçon :
• L’équivalent du SMIC pour un maçon débutant,
• Environ 2000 ? bruts pour un maçon expérimenté.

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