 Le pire semble passé. Après deux années catastrophiques, le secteur de l’immobilier s’est stabilisé et une timide croissance semble au rendez-vous, notamment grâce aux outils de relance mis en place par le gouvernement. Durement touché, l’emploi devrait connaître une embellie cette année, notamment pour les postes de conseillers et d’agents immobiliers. Explications.
Un plan de relance qui commence à porter ses fruits Entamé au milieu de l’année dernière, le volet du plan de relance destiné à freiner la chute des transactions immobilières s’est articulé autour de trois dispositifs. Le plus important est l’avantage fiscal " Scellier " qui permet à un acheteur de logement neuf de réduire son impôt sur le revenu en s’engageant à louer le bien pendant 9 ans. L’avantage est conséquent : la réduction peut atteindre 25% du prix d’achat (maximum de 75 000 euros étalés sur 9 ans) pour un achat réalisé cette année. Outre ce levier, le gouvernement a doublé le prêt à taux 0 et a mis en place le Pass Foncier qui permet une accession en deux temps, d’abord le bâtiment, puis le terrain. Enfin, le niveau historiquement bas des taux d’intérêt bancaires pour les acquéreurs de maisons ou d’appartements a permis de dynamiser les ventes. Après avoir fortement chuté, les prix de l’immobilier se sont aujourd’hui stabilisés et connaissent même une croissance dans certaines régions. Preuve que les transactions sont reparties à la hausse. Au 4e trimestre, les ventes d’appartements neufs ont ainsi progressé de 12% en Ile-de-France. En 2009, les ventes de maisons individuelles ont progressé de 8% par rapport à 2008 avec 172.216 unités, après des baisses de 17% en 2008 et 7% en 2007. Selon les spécialistes, les ventes de maisons individuelles, qui ont le plus souffert pendant la crise, devraient augmenter de 5 % cette année, par rapport à 2009 et globalement, on devrait compter entre 500 000 et 600 000 transactions en 2010. De son côté, l'UMF, l'Union des Maisons Françaises, table sur une progression de 5% des ventes par rapport à 2009. D’autres dispositifs, plus sur le long terme, devraient soutenir cette reprise. On peut évoquer l’une des directives du Grenelle de l’environnement, prévoyant que toutes les communes dotées de programmes significatifs de développement d’habitat devront bâtir au moins un éco-quartier. De quoi rendre plus attractive l’offre immobilière au moment où le développement durable devient un facteur important pour l’achat d’un bien.
Une reprise qui devrait favoriser les recrutements 3 000 agences immobilières ont fermé leurs portes ces deux dernières années. Un chiffre record. Mais pour beaucoup, la purge est aujourd’hui terminée : le secteur semble avoir mis un terme aux excès du passé, et les signes de reprise permettent d’être optimistes en terme d’emploi. Dans un entretien avec un quotidien, Guy Hoquet, président du troisième réseau français d’agences immobilières, évoque même un plan d’embauches assez important avec l’ouverture de 70 à 80 agences et le recrutement de 500 personnes. « A raison de 3-4 embauches par nouvelle agence, on va créer plus de 300 postes. Et sur les 550 agences existantes, on va également embaucher », explique-t-il. Les autres grands réseaux devraient être sur la même ligne. Si bien sûr les conditions actuelles restent les mêmes. Qui devrait profiter le plus de cette embellie sur le front de l’emploi ? Les conseillers immobiliers sont évidemment en première ligne. Ils sont au cœur de l’activité d’une agence. Mais si la profession reste ouverte, notamment à des profils peu expérimentés ou peu diplômés, la sélection va devenir plus sévère. Rigueur et expertise sont aujourd’hui exigées par les directeurs d’agence qui entendent éviter les erreurs du passé où pas mal d’abus avaient été constatés. La crise est passée par là et le secteur recherche avant tout de bons conseillers à l’écoute des clients plutôt que des requins prêts à tout pour boucler une vente. Olivier Chicheportiche
Zoom sur le métier de conseiller immobilier
Sa mission : Rechercher et estimer des biens immobiliers à vendre ou à louer pour le compte d’une agence immobilière. Avec le vendeur, il assure l’estimation de son bien et sa promotion commerciale. Avec les éventuels acheteurs, il prend en charge les visites et la mise en place du dossier d’achat (administratif, banque…) jusqu’à la conclusion du dossier. Il protège les intérêts du vendeur mais doit également, en théorie, conseiller et guider l’acheteur. Les déplacements étant fréquents, le permis de conduire est souvent indispensable, sauf dans les grandes villes où les transports en commun sont efficaces. Son employeur : Dans la plupart des cas, le conseiller immobilier travaille pour une agence immobilière qui centralise des biens mis en vente ou en location. Mais il peut également travailler pour un promoteur constructeur de maisons ou d’immeubles, ou pour un marchand de biens. Le travail le samedi est souvent la règle. Sa formation : Elle peut être multiple. De bons profils commerciaux mais peu diplômés (niveau Bac) ont toutes leurs chances dans les grands réseaux d’agences. Ces dernières proposent en effet des programmes de formation interne assez poussés. Les profils Bac +2 sont également prisés. Les profils commerciaux (BTS Action commerciale) devront néanmoins mettre en avant une bonne expérience professionnelle. Le BTS des professions immobilières ou un diplôme délivré par une école spécialisée sont les plus recherchés puisqu’ils sont spécialisés dans les domaines du droit immobilier, de l’urbanisme… Son salaire : Il est très variable. Dans la majorité des cas, un agent immobilier est rémunéré au SMIC auquel s’ajoute une commission sur les transactions réalisées. Attention, dans les petites agences, un statut de vendeur indépendant peut être proposé lors d’une embauche. Le conseiller ne touche alors aucun salaire mais sa commission sur les ventes est plus élevée. Ce statut exige une grande rigueur, des capacités d’anticipation et donc une certaine expérience afin de réaliser le volume de transactions nécessaires.
2 questions à... Christine Vargas, conseiller immobilier à Paris
La reprise dans le secteur est-elle perceptible ? A Paris, oui, depuis la fin de l’année dernière. Les prix remontent, les transactions aussi. Mais la situation est encore fragile et il faudra que les mesures incitatives du gouvernement soient encore maintenues pour soutenir la demande.
Quels sont vos conseils pour les candidats à la recherche d’un poste ? D’être avant tout patients. Si la reprise se confirme, le secteur va embaucher, c’est mathématique. Beaucoup d’agences ont en effet fermé ces dernières années, d’autres sont passées de trois à deux conseillers. Dans le même temps, il faut savoir que les conditions ont un peu changées. Le profil 100% vendeur n’est peut être plus au centre des priorités. Il faut revenir aux “basiques” de notre métier, à savoir un professionnel qui soit autant impliqué du côté du vendeur que de l’acheteur. L’écoute et le conseil sont des qualités de plus en plus recherchées. |