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Métiers de la sécurité : toujours très ouverts, mais pas à n’importe qui !

En 2002 encore, la moitié des salariés du domaine de la sécurité n’avaient aucun diplôme.
Un temps bel et bien révolu car la profession, en quête de reconnaissance, est en pleine restructuration.

Plus question aujourd’hui d’apprendre le métier « sur le tas ». Dorénavant, toute personne souhaitant exercer dans la sécurité doit être titulaire du CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) et d’une carte professionnelle. Objectifs affichés : trier le bon grain de l’ivraie, mieux reconnaître les compétences professionnelles, et, par la même occasion, redorer le blason du métier. « Le secteur s’oriente vers une vraie gestion des ressources humaines et des qualifications, déclare Olivier Duran, directeur de la communication du Snes1, bref, il se professionnalise. » Des nouveautés très positives tant du point de vue des salariés que des employeurs, qui n’en demeurent pas moins contraignantes quand il s’agit de recruter. Or, en parallèle, le nombre de postes à pourvoir ne cesse de croître : « le contexte est tendu pour les nouveaux entrants, mais les besoins sont multiples et récurrents. Actuellement, on dénombre 150 000 emplois, un chiffre appelé à doubler dans les 15 prochaines années », précise Olivier Duran.

Le SSIAP, diplôme préféré des employeurs
En clair, c’est le moment de s’intéresser au secteur : il est en plein essor et il y a de la place pour tous ceux qui sont motivés et prêts à se former. Car si des portes se sont fermées, la profession reste très ouverte. Le CQP en l’occurrence, qui permet d’acquérir les connaissances de base nécessaires pour exercer, s’avère, de l’avis de nombreux professionnels, relativement facile à décrocher.
De plus, les exigences relatives aux aptitudes rédactionnelles demeurent très accessibles : il s’agit de savoir s’exprimer correctement en français et se servir d’un ordinateur. Cependant, le CQP n’est pas la qualification la plus prisée par les employeurs.
Quant au CAP Agent de prévention et sécurité mis en place par l’Éducation nationale, il se révèle peu demandé. C’est du certificat SSIAP (Services de Sécurité Incendie Assistance à Personnes) dont les employeurs se disent le plus friands. « Les entreprises se dotent aussi de plus de cadres moyens », ajoute Olivier Duran. Des fonctions auxquelles on peut accéder avec de l’expérience et des formations complémentaires, ou en préparant par exemple la licence pro Sécurité des biens et des personnes proposée par l’Université René Descartes (Paris V).
Bien entendu, s’engager dans la voie de la sécurité signifie être prêt à travailler de longues heures, sacrifier de nombreux week- ends, et supporter une certaine pression morale... Des contraintes sûrement mieux acceptées si la profession se voit revalorisée. Et, comme le souligne Olivier Duran, reconnaissance accrue rime logiquement avec augmentation des salaires.
Priscilla Franken


« Nous incitons nos salariés à progresser »

Parmi les 550 salariés de la société francilienne de surveillance DPSA2, la moitié sont titulaires d’un SSIAP. Un sésame qui, selon le responsable des ressources humaines Jean-Yves Pantaléon, offre de vraies perspectives d’évolution.

Quels sont les profils les plus recherchés par DPSA ?
Nous recherchons avant tout des agents de sécurité incendie titulaires d’un SSIAP, puisque notre activité principale concerne des sites industriels, des bureaux et des sièges sociaux.
Actuellement, nous avons 20 postes à pourvoir, dont 13 SSIAP. Nous recrutons aussi beaucoup d’APS (Agents de Prévention et Sécurité).

Rencontrez-vous des difficultés de recrutement ?
Oui, surtout en ce moment. Avec l’apparition du CQP, puis celle de la carte professionnelle, le métier change... Il va falloir deux ans environ pour que tout se mette en place, or les besoins sont là.
C’est donc le bon moment pour se lancer !

Comment luttez-vous contre le turnover ?
Nous n’en souffrons pas trop, car nous faisons beaucoup pour fidéliser nos salariés. Nous les incitons notamment à progresser via la formation continue. Les APS peuvent évoluer vers le métier de chef de poste, les SSIAP devenir responsables de service incendie, chefs de site ou chefs de secteur.

Avez-vous des conseils pour les candidats ?
Je dirais qu’une bonne présentation est essentielle, ainsi qu’un bon esprit de synthèse : la capacité à rédiger des rapports de façon claire et concise est un atout important.


La carte professionnelle : désormais obligatoire

Depuis le 7 mars 2009, toute personne qui travaille ou veut travailler dans la sécurité doit obtenir une carte professionnelle.
Délivrée par la préfecture, son obtention est soumise à 2 conditions : ne pas avoir commis d’actes répréhensibles et incompatibles avec ce métier, et avoir une formation professionnelle reconnue.
Après vérification, la préfecture attribue un numéro personnel, valable 5 ans sur tout le territoire. Notamment destiné à faciliter les procédures de recrutement, il permettra aux employeurs d’accéder rapidement aux informations concernant les candidats par le biais du service « Téléc@rtepro ».
Attention : pour pouvoir s’inscrire en formation, il faut faire une demande de carte provisoire.


« Il faut s’enlever de la tête que c’est un sot métier »

Wissam El Morr a appris le métier sur le tas. Agent de sécurité pour la société Rhône-Alpine Axiom Sécurité depuis 3 ans, il fait la part des choses entre les avantages et les inconvénients de la profession.

Qu’est-ce qui vous a amené dans la sécurité ?
Au départ, il s’agissait d’un complément de salaire. C’était intéressant pour moi de pouvoir travailler 3 jours par semaine grâce à des vacations de 12 heures, et de me concentrer sur mon activité principale le reste du temps. Quand il est devenu obligatoire de détenir un diplôme pour travailler, ma société a financé ma formation SSIAP.

Pourquoi, à votre avis, y a-t-il autant de turnover dans la sécurité ?
C’est simple, les possibilités d’évolution sont minces. Les entreprises recrutent, mais elles ont besoin de beaucoup de monde sur le terrain, et offrent peu de postes d’encadrement. Or, il faut le reconnaître, les missions terrain peuvent être vite lassantes.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui sont tentés par le métier ?
D’abord de se méfier des clichés : beaucoup s’imaginent en Kevin Costner dans Bodyguard alors que les opérations évènementielles et l’accompagnement de personnalités ne représentent qu’une faible part des activités. Enfin, il faut s’enlever de la tête que c’est un sot métier. La sécurité ne se résume pas à une affaire de gros bras et les responsabilités confiées sont de taille. Savoir réagir de façon rapide et adéquate en cas de problème, tout le monde n’en est pas capable.

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