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Secrétariat : l’ESSOR du Télétravail

7h30. Info trafic. Bouchons, accidents, ralentissement… Combien de fois avez-vous rêvé de pouvoir travailler de chez vous ? La solution existe, cela s’appelle le télétravail. Aujourd’hui, 7% de la population active (à temps plein ou partiel) est concernée. Et l’on compte près de 3000 télésecrétaires indépendantes. En cinq ans, leur nombre a plus que doublé.


Télésecrétaire : un nouveau métier ?
Téléphone, Internet, ordinateur, imprimante, voire un fax, et ça y est, le tour est joué.
Vous êtes fin prêt à rejoindre la communauté des télétravailleurs. Le télétravail, ce n’est pas un nouveau métier mais une nouvelle forme d’organisation du travail. Vous travaillez de la même façon et pour obtenir les mêmes résultats, mais à distance. Un accord national inter-professionnel sur le télétravail a d’ailleurs été signé en 2005 afin de lui donner un véritable cadre juridique.
TPE, PME, artisans, professions libérales… Ils sont de plus en plus nombreux à faire appel au télésecrétariat. Parce qu’ils n’ont pas le temps de gérer la partie administrative de leur société mais qu’ils ne peuvent pas se permettre d’engager une secrétaire. Les demandes peuvent aussi être ponctuelles : une secrétaire absente, un surcroît d’activité… «Le télésecrétariat est très développé en province, selon Gérard Vallet, président de l’ANDT (Association Nationale pour le Développement du Télétravail et de la Téléformation), c’est une solution flexible pour les artisans ou les petites PME alors que les grandes entreprises ont recours à l’intérim.»
Les travaux effectués sont ceux de toute secrétaire, à l’exception du standard téléphonique très peu développé en télétravail. L’essentiel des tâches concerne donc le traitement de texte, la saisie de compte-rendu ou de rapport, la mise en page de documents divers, la rédaction de courrier, du mailing…


Expérience demandée
Sans surprise, la grande majorité des télésecrétaires sont des femmes. De jeunes mères de 30/35 ans qui recherchent une meilleure qualité de vie et qui veulent avoir plus de temps pour leur enfant. Ou des femmes de 45 ans et plus qui ont des difficultés à trouver un autre emploi, suite à un arrêt de carrière ou à un licenciement. «Les jeunes qui sortent de l’école avec un BTS Assistant de Direction ne sont pas des profils recherchés car ils n’ont pas d’expérience, remarque Gérard Vallet. Il faut être très autonome pour travailler seul chez soi.»
Et par-dessus tout, il faut savoir s’adapter : «Mieux vaut avoir 5 ans d’expérience en intérim que 30 ans d’ancienneté dans la même société. Avoir connu différents patrons et différents styles de management est fortement conseillé.»
Les secrétaires qui ont une spécialité (économique, juridique…) ou une langue rare, comme le chinois sont très appréciées. Le président de l’ANDT remarque que le secrétariat médical recrute moins qu’avant, alors que les cabinets d’avocats, au contraire, embauchent de plus en plus.

Salarié(e) ou indépendant(e) ?
Première mise en garde : attention aux nombreuses annonces de télétravail qui fleurissent sur Internet. «Ce ne sont pas des offres sérieuses, avertit Gérard Vallet, vous trouverez beaucoup d’arnaques.»
Cas de figure numéro 1 : vous travaillez depuis quelque temps déjà dans la même société et vous demandez à passer en télétravail. «Dans ce cas, la relation de confiance avec l’employeur est
déjà établie, note Gérard Vallet ; en revanche, se faire engager en télétravail est beaucoup plus rare.»
Le deuxième cas de figure, le recrutement, est donc plus compliqué.
Solution : «mieux vaut se prendre par la main et se lancer comme travailleur indépendant.»
Et là, le vrai défi n’est pas celui de la création d’entreprise mais bien le challenge commercial : trouver et convaincre des clients.
C’est la principale difficulté des secrétaires qui se lancent ; en effet, elles n’ont ni la formation ni l’expérience pour savoir «se vendre». Et pourtant, au-delà du travail bien fait, c’est la clé de la réussite. Plaquettes de présentation, mailing, démarches auprès des commerçants de votre quartier… Le tout est de bien se préparer : les clients doivent tout de suite voir l’intérêt qu’ils ont à faire appel à vous. Pensez aussi à contacter mairies, Chambres de Commerce et presse locale. Et enfin, la prospection téléphonique reste le meilleur moyen de se faire connaître. «On ne peut s’en sortir qu’avec 4 ou 5 bons clients réguliers, analyse Gérard Vallet. Et il ne faut pas facturer moins de 25 euros hors taxe de l’heure.» A bon entendeur…


Magali Morel



«Il a fallu que je trouve le bon rythme»


Cofondatrice d’Assitéa, un réseau de télésecrétaires indépendantes, Geneviève Basso a d’abord travaillé en solo pendant huit ans.


Pourquoi vous êtes-vous lancée dans le télésecrétariat ?
Je travaillais à Paris et j’habitais en banlieue, résultat : je passais trois heures dans les transports tous les jours. Quand j’ai eu mon premier enfant, j’ai décidé de privilégier une meilleure qualité de vie. Le télétravail en salarié relevait de l’utopie à l’époque. La seule solution était donc de m’installer à mon compte. Les six premiers mois ont été très difficiles car je ne trouvais pas de client ! En tant que secrétaire, on n’est pas formée et pas habituée à avoir une démarche commerciale. J’ai fait toutes les erreurs possibles. Cela fait huit ans, aujourd’hui, et j’ai une douzaine de clients réguliers.
Et vous continuez à développer votre activité puisqu’en octobre dernier, vous avez créé Assistéa…
Effectivement, nous sommes un réseau de cinq télésecrétaires. En créant Assistéa, j’ai voulu mettre en commun nos investissements. L’image que l’on donne lorsque l’on démarche les clients est primordiale. Quand vous arrivez avec votre plaquette faite sur Word et imprimée chez vous, vous avez l’air d’une amatrice. Nous avons fait appel à un graphiste pour créer des supports de communication et un site Internet.


Le télétravail vous permet-il plus de liberté ?
Ça a été moins simple que prévu. Il a fallu que je trouve le bon rythme. Au début, je délayais mon activité : je commençais à faire à manger puis j’allais finir un dossier, par exemple. Il n’y avait pas de barrières entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Ce n’est pas la bonne solution. Aujourd’hui, je suis très organisée. Pas de pause-café, de discussions entre collègues mais je m’arrête à 17h et je vais chercher ma fille à l’école. C’est un luxe extraordinaire.



Télésecrétaire au masculin...


Dans cet univers féminin, Rémy Vandeweghe fait figure d’exception. Il y a bientôt 2 ans, il a décidé de se lancer et de créer sa propre société.

Racontez-nous votre parcours...

Après un BTS Assistant Secrétaire Trilingue, je suis parti travailler en Angleterre. A mon retour en France, j’ai été embauché comme standardiste, puis après neuf mois, je suis passé secrétaire administratif. Au bout de trois ans, j’avais fait le tour du poste et envie de plus de responsabilités. Comme j’étais déçu de ce que l’on me proposait, j’ai décidé de devenir mon propre patron. En septembre 2006, j’ai créé Secadis.


Comment voyez-vous l’avenir ?
Le télétravail se développe, mais il a encore du mal à se démocratiser. Cependant, je suis assez confiant.
De Paris à Marseille en passant par Lille, aujourd’hui, j’ai une dizaine de clients réguliers.
Le plus dur : se faire connaître et trouver des clients. Je travaille seul mais j’ai un stagiaire qui m’aide pour la partie commerciale. Cela fait seulement deux ou trois mois que je me dégage un salaire et encore, il est inférieur au Smic.


C’est extrêmement rare de trouver un homme dans cette profession…
Effectivement ! Quand j’étais salarié, on avait tendance à me confier plus de responsabilités qu’aux femmes secrétaires. Et aujourd’hui, les clients sont très surpris quand je leur dis que je fais les travaux de secrétariat. Ils pensent que je suis uniquement le chef d’entreprise et que des secrétaires travaillent pour moi !

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